מדוע חותמים דווקא ב״מגן אברהם״?
הקב״ה מבטיח לאברהם אבינו (ברא' יב 2): וְאֶעֶשְׂךָ לְגוֹי גָּדוֹל וַאֲבָרֶכְךָ וַאֲגַדְּלָה שְׁמֶךָ וֶהְיֵה בְּרָכָה. רש״י מסביר: וְאֶעֶשְׂךָ לְגוֹי גָּדוֹל – זהו שאומרים אלוהי אברהם. וַאֲבָרֶכְךָ – אלוהי יצחק. וַאֲגַדְּלָה שְׁמֶךָ – אלוהי יעקב.
אולם מתעוררת שאלה: אם בתפילת העמידה אנו מזכירים את שלושת האבות, מדוע חותמים את הברכה הראשונה דווקא ב״מגן אברהם״, ולא מזכירים בחתימתה גם את יצחק ויעקב?
ביאור נפלא מובא בשם הגאון מווילנה.
חז״ל מלמדים בפרקי אבות (א, ב): על שלושה דברים העולם עומד: על התורה, על העבודה ועל גמילות חסדים.
שלושת העמודים הללו מיוצגים על ידי שלושת האבות: יעקב אבינו, אִישׁ תָּם יֹשֵׁב אֹהָלִים, מסמל את התורה. יצחק אבינו את העבודה, שהרי היה מוכן למסור את עצמו לעקדה; ואברהם אבינו את החסד, כפי שנאמר (מיכה ז 20): חֶסֶד לְאַבְרָהָם.
בעבר זכינו לשלושת העמודים במלוא תפארתם: התורה פרחה בדורות הנביאים, התנאים והאמוראים. עבודת הקרבנות התקיימה בבית המקדש. והחסד היה חלק בלתי נפרד מחיי האומה.
אולם במהלך הדורות חרב בית המקדש ועבודת הקרבנות פסקה. ואף שהתורה ממשיכה להילמד בכל דור, לא כל אדם מסוגל להגיע לעומקה ולמדרגותיהם של גדולי התורה.
אבל עמוד אחד נותר נגיש לכל אדם, בכל מקום ובכל תקופה: עמוד החסד.
מה מיוחד דווקא בחסד? כדי להיות תלמיד חכם דרושים כישרונות, לימוד והתמדה. כדי לקיים את עבודת הקרבנות נדרש בית מקדש. אבל כדי לעשות חסד אין צורך בתואר, במעמד חברתי או בעושר. כל אדם יכול להקשיב לזולתו, לעודד, לבקר חולה, לסייע לנזקק או פשוט להקדיש מעט מזמנו לאחר.
כעת נוכל להבין מדוע הברכה הראשונה בתפילת העמידה מסתיימת דווקא ב״מגן אברהם״.
אברהם אבינו הוא אבי מידת החסד. הוא העמיד את החסד ביסוד יחסיו עם הקב״ה ועם בני האדם. ומכיוון שמידה זו נגישה לכל אדם ויכולה להתקיים בכל מצב, היא עתידה להמשיך ולהחזיק את העולם גם כאשר העמודים האחרים אינם מתקיימים במלוא תפארתם.
זהו עומק דברי חז״ל: ״בך חותמין". לפי ביאור זה, החתימה ב״מגן אברהם״ מבטאת את כוחו הנצחי של החסד, העמוד שעליו יוכל העולם להישען בכל דור, גם בתקופות הקשות ביותר.
בעת מלחמה ומשבר מתגלה כוחו של החסד ביתר שאת. אנשים מכל המגזרים וההשקפות מתגייסים לעזור זה לזה, והערבות ההדדית גוברת על המחלוקות.
זהו כוחו של אברהם אבינו, וזהו המסר לדורות: לא כל אחד יכול להיות גדול בתורה, אבל כל אחד יכול להיות גדול בחסד.
Dvar Thora Parashat Lekh lekha
Pourquoi conclut-on la première bénédiction de la Amida par « Maguen Avraham » ?
Dieu promet à Abraham (Genèse 12,2) : « Je ferai de toi une grande nation, Je te bénirai, Je rendrai ton nom illustre et tu seras une source de bénédiction. »
Rachi explique : « Je ferai de toi une grande nation » correspond à Dieu d’Abraham ; « Je te bénirai » à Dieu d’Isaac ; et « Je rendrai ton nom illustre » à Dieu de Jacob.
Une question se pose alors : puisque nous mentionnons les trois Patriarches dans la première bénédiction de la Amida, pourquoi la concluons-nous uniquement par « Maguen Avraham » (« Bouclier d’Abraham »), sans y associer Isaac et Jacob ?
Une magnifique explication est rapportée au nom du Gaon de Vilna.
Nos Sages enseignent dans les Pirké Avot (1,2) : « Le monde repose sur trois piliers : la Torah, le service divin et les actes de bonté. »
Ces trois piliers sont représentés par nos trois Patriarches. Jacob, décrit comme « un homme intègre demeurant sous les tentes », symbolise l'étude de la Torah. Isaac incarne le service divin, puisqu'il était prêt à offrir sa propre vie lors de la Akéda. Quant à Abraham, il représente la bonté, comme le rappelle le verset (Michée 7,20) : « La bonté appartient à Abraham ».
Autrefois, ces trois piliers rayonnaient dans toute leur splendeur. La Torah brillait à l'époque des prophètes, des Tannaïm et des Amoraïm. Le service des sacrifices était accompli au Temple de Jérusalem, tandis que la bonté occupait une place essentielle dans la vie du peuple juif.
Mais, au fil des générations, le Temple fut détruit et le service des sacrifices cessa. Quant à la Torah, bien qu'elle continue d'être étudiée à chaque génération, tous ne peuvent accéder à ses profondeurs ni atteindre le niveau des grands maîtres des générations passées.
Un pilier, cependant, demeure accessible à chacun, en tout lieu et à toute époque : celui de la bonté, le ‘Hessed.
Qu'a donc la bonté de si particulier ? Pour devenir un érudit en Torah, il faut des aptitudes, de longues années d'étude et beaucoup de persévérance. Pour accomplir le service des sacrifices, il faut un Temple. Mais pour accomplir des actes de bonté, nul besoin de diplôme, de statut social ou de richesse. Chacun peut écouter, encourager, rendre visite à un malade, aider une personne dans le besoin ou simplement consacrer un peu de son temps à autrui.
Nous comprenons maintenant pourquoi la première bénédiction de la Amida s'achève précisément par « Maguen Avraham ».
Abraham est l’archétype de la bonté. Il a placé le ‘Hessed au fondement de sa relation avec Dieu et avec les hommes. Et puisque cette vertu est accessible à chacun et peut s'exercer en toutes circonstances, elle continuera de soutenir le monde, même lorsque les autres piliers ne pourront plus se manifester dans toute leur splendeur.
Tel est le sens profond de l'enseignement de nos Sages : « C'est par toi que l'on conclura la bénédiction. » Selon cette interprétation, la formule « Maguen Avraham » exprime la force éternelle de la bonté, ce pilier sur lequel le monde pourra toujours s'appuyer, à chaque génération, même dans les périodes les plus difficiles.
C'est particulièrement en temps de guerre et de crise que se révèle toute la puissance du ‘Hessed. Des personnes de tous les milieux et de toutes les sensibilités se mobilisent pour s'entraider, et la solidarité prend le dessus sur les divergences et les divisions.
Telle est la force d'Abraham, notre Patriarche, et tel est son message pour toutes les générations : tout le monde ne peut pas devenir un grand maître de la Torah, mais chacun peut devenir grand par sa bonté.